* Evénements | Soutenances de thèse
Louis-Georges Tin, Tragédie et politique en France au XVIe siècle
Du 13 décembre 2003 au 13 décembre 2003
Université Paris X-Nanterre, France

Soutenance de thèse de Monsieur Louis-Georges Tin.

Jury : Jean Céard (directeur de thèse), Marie-Luce Demonet-Launay, Frank Lestringant, Liliane Picciola.

La soutenance aura lieu à partir de 9h30 à l’Université Paris X-Nanterre, 200 avenue de la République (RER Nanterre Université), bâtiment G, salle 614.

Au XVIe siècle revient la gloire d'avoir réinventé la tragédie antique. Deux circonstances favorisent cette renaissance. C’est tout d'abord l'humanisme, qui redécouvre et traduit les Anciens, et encourage ainsi l'émulation parmi les hommes de ce temps désireux d'imiter un Sénèque ou un Sophocle en composant des tragédies nouvelles ; ensuite, le développement des guerres civiles donne à chacun l'impression que le tragique est désormais la condition ordinaire du royaume de France. Aussi les nouveaux dramaturges ont-ils le sentiment de renouer avec le passé en puisant dans le présent.
La tragédie renaissante prend donc un tour politique particulièrement marqué à cette époque. Elle met en scène les conflits, prend position, s'engage, et parfois violemment. Or cette vocation politique, chaque fois réaffirmée, commence à décroître à partir de la fin du XVIe siècle. Avec l’achèvement des combats et des guerres civiles, la tragédie politique se fait plus consensuelle, romanesque, pastorale, élégiaque ou galante. En somme, elle se dépolitise. La politique, qui lui avait donné une puissance et une ardeur jusqu'alors inconnues, est désormais bannie de la tragédie, ou du moins largement euphémisée, et c’est ce phénomène de politisation puis de dépolitisation de la tragédie, qui constitue l'objet de cette recherche.
Au total, cette réflexion se présente résolument comme une contribution à l’histoire littéraire de la tragédie française. Elle tente de restituer quelques chaînons manquants dans l’histoire du genre (la tragédie à la fin de l’Antiquité et pendant le Moyen Âge, la tragédie des guerres civiles sous Charles IX et Henri III, la tragédie de la concorde nationale sous Henri IV), et permet d’établir la portée politique des tragédies humanistes en général, qu’elles touchent à l’histoire juive, grecque, romaine ou française. Entre l’Antiquité gréco-romaine et l’époque classique, elle inscrit la tragédie du XVIe siècle dans la longue durée tout en montrant ses liens avec l’actualité des guerres civiles.

[ Mis en ligne le 8 décembre 2003 par Eloïse Lièvre ]