* Résonances
Chasse à courre, chasse de cour
Du 9 juin 2004 au 27 septembre 2004
Musée de Condé, Chantilly, Musée de la vénerie, Senlis, France

Chasse à courre, chasse de cour
Fastes de la vénerie princière à Chantilly au temps des Condé et des Orléans (1659-1910)

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Commissariat : Nicole Garnier, conservateur en chef du patrimoine, chargée du musée Condé à Chantilly, Bénédicte Ottinger, conservateur des musées de Senlis.

Activité ancestrale de l'homme, nécessaire affirmation de sa maîtrise sur les forces sauvages qui animent la nature et menacent sa survie, la chasse s'inscrit depuis toujours parmi les attributs du pouvoir. Dans les périodes anciennes, les récits comme les représentations figurées se plaisent à mettre en scène l'affrontement des souverains avec les bêtes féroces. Sous l'Ancien Régime, la vénerie qui s'est fortement codifiée pour devenir un véritable rituel, compte parmi les loisirs privilégiés des rois et princes du sang. Confiée à la meute, la traque de l'animal s'accompagne alors d'imposants moyens. La constitution de vastes espaces boisés autour des châteaux bâtis pour le séjour des souverains pendant l'exercice du noble déduit demeure le plus spectaculaire d'entre eux. Le quadrillage des forêts par des allées destinées à la circulation des équipages trouve en effet son origine dans le courre des grands animaux. Le raffinement inégalé qui accompagne la vénerie coïncide avec l'avènement de la société de cour et s'exprime à travers les œuvres et objets d'art qu'elle a suscités.
Du XVIe à l'aube du XXe siècle, Chantilly vécut au rythme des chasses princières. Celles des Montmorency ont livré bien peu de souvenirs, comparé à celles des Condés qui organisent leur domaine, ses forêts et son château, sur le même pied que ceux de leur cousin le roi. La constitution progressive d'un imposant territoire de chasse, le recrutement d'un personnel spécialisé pour son entretien et celui des meutes, la construction d'admirables écuries, le décor intérieur du château témoignent, au temps de son apogée au XVIIIe siècle, d'une volonté fervente d'égaler le souverain dans l'exercice de la cynégétique. En 1830, au décès du dernier Bourbon-Condé qui fut un ardent Nemrod, le duc d'Aumale reprit les usages ancestraux. Il eut garde d'intégrer la chasse au programme décoratif du château tandis que sa remarquable collections d'œuvres d'art comptait des pièces insignes sur ce thème, léguées à l'Institut pour former le musée admiré aujourd'hui. Son neveu, le duc de Chartres, hérita du droit de chasse sur le domaine : il fut un des derniers en France à maintenir, jusqu'à sa mort en 1910, cette activité dans sa dimension princière en un temps où elle symbolisait encore un certain art de vivre que la Première Guerre mondiale allait interrompre.

L'exposition se déroulera au musée Condé (Chantilly) et au musée de la Vénerie (Senlis). D'autres pôles pourraient leur être associés, en particulier l'abbaye de Chaalis.

Elle réunira environ 200 œuvres et objets appartenant aux collections de ces deux établissements et complétées ponctuellement par des prêts extérieurs, à savoir :

- des œuvres à thème cynégétique ou animalier ayant servi au décor de la demeure princière des Condés (Desportes, Oudry, peintures de la salle des Gardes ; Huet, Petite et Grande Singerie, Baudry, La chasse de saint Hubert, …)
- des tableaux, dessins et gravures dont l'iconographie illustre les chasses des princes de Condé et d'Orléans (Pierre-Denis Martin, Perdrix, Le Paon, Ladurner, Olivier de Penne,…)
- des objets d'art (surtout des chasses d'après Oudry, bronzes de Barye et de Mène, …)
- des documents, comme le célèbre Journal des chasses de Toudouze, lieutenant des chasses du prince de Condé, et différents papiers illustrant le fonctionnement de la capitainerie.
- des cartes du massif forestier de Chantilly montrant l'aménagement progressif de la forêt pour la circulation des équipages.
- des tenues et accessoires de vénerie ayant appartenu aux maîtres et au personnel, du piqueux au garde-chasse (redingotes et gilets, dagues et ceinturons, fouet, plaques et clef du domaine…)
- des trophées (têtes naturalisées et pieds d'honneur)

Elle sera accompagnée d'un important ouvrage composé de chapitres thématiques faisant le point sur les données de la vie cynégétique des princes entre le XVIIe et l'aube du XXe siècle. Une partie catalogue présentera les œuvres exposées.

Nicole Garnier, conservateur en chef du patrimoine, chargée du musée Condé à Chantilly.
Tél. : 03 44 62 62 64 ; télécopie : 03 44 62 62 61
courriel : ngarnier@chateaudechantilly.com

[ Mis en ligne le 18 juin 2004 par Eloïse Lièvre ]