Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux et le musée national des Arts asiatiques-Guimet grâce au soutien de Nissan et avec le concours de Japan Airlines. L’exposition bénéficie également de la participation de la Fondation du Japon.
« Vivre seulement pour l’instant, contempler la lune, la neige, les cerisiers en fleurs et les érables rouges ; chanter des airs, boire, se divertir et se laisser flotter comme flotte la gourde au fil de l’eau… »
Asai Ryoi, Ukiyo monogatari (Le Dit du Monde flottant), 1661
A partir de 1603, Edo devient la capitale d’un Japon pacifié. S’ouvre une ère de prospérité et d’optimisme qui se traduit bientôt par l’apparition de quartiers de divertissements à la lisière des grandes villes. Deux institutions, nouvellement apparues, les animent : les maisons de thé et le théâtre kabuki, séjours des courtisanes, des danseuses et des acteurs que l’on célèbre comme de véritables icônes. Ce monde des marges étroitement surveillé par le shogunat se dénomme « Monde flottant » (ukiyo). Les mouvements du corps et de l’âme qui s’y dessinent donnent lieu à un courant pictural inédit qui met en avant la figure féminine : les « images du Monde flottant » (ukiyo-e).
Les commanditaires de l’ukiyo-e sont des citadins récemment enrichis dans le commerce. Coupés des sphères du pouvoir par respect des valeurs hiérarchiques de la société confucéenne des shoguns Tokugawa, ils trouvent ainsi une voie d’expression. Leurs goûts picturaux reflètent une attitude existentielle nouvelle, vouée au culte du beau et des plaisirs éphémères. Ukiyo qui, au XVIIe siècle, signifie littéralement « le frivole », « le fluctuant », ironise par homophonie sur une ancienne conception bouddhique « monde de douleur » — ambiguïté de sens qui imprègne l’ukiyo-e, ces images du désir teintées de mélancolie que présente l’exposition.
Grâce aux prêts exceptionnels de collections étrangères, japonaises principalement, publiques et privées, et du musée national des Arts asiatiques-Guimet, 50 peintures (sur paravents et sur rouleaux) et 150 estampes sont rassemblées pour saisir le langage stylistique et iconographique des images du Monde flottant qui essaiment jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.
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Au début du XVIIe siècle, les paravents sur fonds d’or de l’Ecole Kanô représentent de vastes peintures de genre. Les scènes décrites sont liées au passage des saisons ou à quelques sites fameux, élus de longue date pour leur beauté comme le mont Fuji ou tel sanctuaire shintô surplombant la baie d’Osaka. Des saynètes s’y déroulent autour de danses et de jeux traditionnels, ici un banquet sous des cerisiers en fleurs, là une parade de jeunes filles somptueusement vêtues. Des œuvres plus tardives décrivent les « divertissements », dans des jardins et des pavillons encore imaginaires, ceints de volutes dorées, qui préfigurent les occupations badines du Monde flottant.
Autour de 1650, des artistes anonymes s’inspirant des quartiers de plaisirs naissant inversent les rapports de valeur entre paysage et personnages, projetant la figure humaine au premier plan. Le paravent à six volets, prêté par le musée Hosomi, présente un intérieur qui fait la transition entre la scène de divertissements et l’ukiyo-e : la disposition des personnages suit une ligne mélodique qui isole chaque figure sur le fond d’or de la partie droite. Par la suite, les portraits, peints sur rouleaux, de « beautés lisant » ou « se promenant », mettent l’accent sur la sensualité féminine de silhouettes enveloppées de kimonos luxuriants en écho aux modes du Monde flottant, mais aussi à la littérature médiévale, le Dit du Genji ou les Contes d’Ise. Certaines natures mortes sur paravent représentent ces seuls kimonos jetés sur un portant, les tagasode (« De qui sont ces manches ? ») qui évoquent alors la beauté absente.
Longtemps considéré comme le père de l’ukiyo-e, Moronobu (1618-1694) est le premier artiste à condenser les recherches graphiques et thématiques de ce courant et à signer ses œuvres. Son travail exerce des influences croisées dans un va-et-vient entre peinture et gravure. Issues des ouvrages imprimés dont furent détachées les premières images pour être vendues à l’unité, les estampes, reproductibles et peu onéreuses, répondent à la forte demande des visiteurs des quartiers de plaisir. Elles allaient donner une allure particulière à l’ukiyo-e.
Conçue, à l’origine, en noir et blanc, l’estampe reçoit vite les premiers rehauts colorés au pinceau des artistes dits « primitifs » (Ecole Torii). Cependant la technique de la xylogravure ne cesse de se perfectionner dans une émulation créatrice intégrant bientôt quelques couleurs au processus d’impression. Harunobu (1724-1770), le premier, crée la polychromie qui donne jour aux « estampes de brocart ».
L’exposition présente les diverses voies stylistiques et thématiques suivies par les artistes comme Kôryusai ( ?-1793) ou Kiyonaga (1752-1815), au cours de ce qui fut l’âge d’or de l’estampe japonaise, dans les 25 dernières années du XVIIIe siècle. La lettre, le travestissement de l’acteur (onnagata), la toilette, le miroir, l’évocation de l’amour maternel sont les nouveaux moyens, plus narratifs, pour traduire le sensuel, mélangeant toujours les références à la littérature médiévale et à l’existence contemporaine des citadins d’Edo. La figure féminine fait l’objet d’une mise en valeur infinie suivant des courbes inattendues, très effilées, serpentines. Souvent allusive, plus ou moins fluide, la ligne joue sur l’épaisseur du trait qui cerne les plages colorées.
L’innovation majeure d’Utamaro (1753-1806) dans l’art du portrait réside dans le choix de compositions resserrées sur le modèle, à mi-corps ou en gros plan autour du visage, poussant le plus loin la recherche de sensualité, aux confins de l’étude psychologique. La représentation du corps constitue un des axes de réflexion sous-jacents au parcours de l’exposition : de l’absence du nu comme parti pris pictural aux séries érotiques (shunga, littéralement « images de printemps »).
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Galeries nationales du Grand Palais
Entrée Clemenceau
75008 Paris
Informations : tél. 01 44 13 17 17
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Ouverture
Tous les jours, sauf les mardis, de 10h à 20h ; le mercredi de 10h à 22h.
Fermeture des caisses 45 minutes avant. Fermé le 25 décembre.
Prix d’entrée
• sur réservation de 10h à 13h : 11,10 euros
• sans réservation à partir de 13h : 10 euros, tarif réduit, 8 euros
• gratuité pour les moins de 13 ans, les bénéficiaires du RMI et du minimum vieillesse.
Réservation et vente
En France
• dans les FNAC, Carrefour, Auchan, Géant, Galeries Lafayette, Bon Marché, Virgin Mégastore, BHV, Printemps-Haussmann
• par téléphone au 0.892.684.694 (0,34euros la minute)
• par internet :
A l’étranger
• tél. + 33 1 42 31 32 28
• Belgique : Fnac ou tél : 0900 00 600
• Suisse : Fnac Genève
Audioguide
Français, 5 euros
Auditorium
Conférences et films autour de l’exposition
Commissaire
Hélène Bayou, conservateur, musée national des Arts asiatiques-Guimet
Muséographie
Jean-François Bodin et Marc Vallet, agence Bodin et associés
Publications
• Catalogue de l’exposition ; 23 x 30,5 cm, 400 pages, 400 illustrations en couleur, 45 euros, éditions RMN,
diffusion Interforum.
• Petit Journal, 16 pages, 30 illustrations en couleur, 3 euros, éditions RMN, versions anglaise et française.
• Le monde des estampes japonaises, 17,5 x 12,5 cm, 48 pages, 7,50 euros, Hors Série Découvertes Gallimard, coédition RMN /Découvertes Gallimard, diffusion Sodis.
Accès
• Métro : lignes 1, 9 et 13 : station Champs-Elysées-Clemenceau ou Franklin-Roosevelt
• Bus : lignes 28, 32, 42, 49, 72, 73, 80, 83, 93.
Presse
Réunion des musées nationaux
Gilles Romillat
Tél. : 01 40 13 47 61 - Fax : 01 40 13 48 61