Gianni Paganini, Les philosophies clandestines à l'âge classique
PUF, coll. "Philosophies"
160 pages
ISBN 2 13 054181 x
12 €
Le manuscrit clandestin représente un genre très particulier de la communication philosophique : on peut envisager le Colloquium Heptaplomeres de Jean Bodin comme l'archétype du genre, mais les quelques 200 textes répertoriés et correspondant à près de 2000 copies remontent pour la plupart à la deuxième partie du XVIIe et au siècle suivant. L'ancêtre véritable de cette littérature foisonnante s'avère être le Theophrastus redivivus qui, à une date assez précoce (1659), fixe le paradigme du traité philosophique clandestin, dans ses traits les plus radicaux : rigoureux anonymat, critique rationaliste de la philosophie et de la religion, mise en valeur de traditions alternatives, classiques et de la Renaissance, lecture symptômales des textes de référence de la culture officielle.
De l'âge libertin au plein épanouissement des Lumières, ces traités traversent toute une époque de transformations culturelles importantes : on ne saurait donc parler de philosophie clandestine sinon au pluriel. Ces textes en appellent tour à tour au scepticisme de Montaigne et de Bayle, au rationalisme de Descartes ou de Malebranche, à la métaphysique spinoziste ou au mécanisme de Hobbes, à la méthodologie empiriste de Locke. Surtout, ils essayent des voies nouvelles, par la combinaison de parcours philosophiques parfois hétéroclites, dans la conviction que l'histoire culturelle européenne devrait être lue " entre les lignes ", à la recherche d'une vérité cachée au-dessous des professions officielles de foi des écoles ou des auteurs.
Introduction
1 — Être philosophe clandestin au XVIIe siècle : écriture et persécution — le modèle de la sagesse clandestine — le déisme de l'anti-bigot — la littérature libertine entre autocensure et clandestinité
2 — Le tournant du siècle : libertinage, naturalisme et déisme — religion naturelle et spinozisme clandestin — spinozisme et critique libertine
3 — Sceptiques clandestins : entre Pyrrhon et Spinoza, les modes du doute — entre Pascal et Bayle, L'art de ne rien croire
4 — Être déiste ou athée au début des Lumières : le déisme après Malebranche, R. Challe — Du Marsais et l'Examen de la religion — la critique de la "cause universelle", Fréret — la métaphysique athée de l'être en général, Meslier
Bibliographie
Url de référence : www.puf.com
[ Mis en ligne le 29 octobre 2005 par Camille Esmein ]