Kathrin Ackermann:
Von der philosophisch-moralischen Erzählung zur modernen Novelle. Contes und Nouvelles 1760-1830.
Frankfurt am Main: Klostermann, 2004.
Analecta Romanica, 70
ISBN 978-3-465-03228-1
Présentation de l'éditeur :
Les premières nouvelles que Prosper Mérimée publia en 1829 dans la Revue de Paris ont très tôt été compris, par la critique, comme l’acte de naissance d’un nouveau genre, en rupture avec les contes et les nouvelles antérieurs. Parmi l’abondante prose narrative de longueur limitée produite à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, l’histoire littéraire n’a retenu qu’un nombre réduit de textes − avant tout les contes philosophiques des représentants des Lumières −, tandis que la grande masse des contes, nouvelles, anecdotes et histoires a été jugée comme étant dépourvu d’importance.
Ce volume pose la question de savoir dans quelle mesure ces textes longtemps négligés représentent un apport important pour la genèse de la nouvelle française moderne. L’étude renonce aussi bien à une interprétation téléologique qu’à une distinction a priori entre la « grande » littérature et la littérature « triviale », qui n’apparaît qu’au moment où le système littéraire du Classicisme est remplacé par celui du Romantisme.
L’étude montre que la nouvelle du dix-neuvième siècle ne doit pas être comprise comme une « amélioration » d’un modèle préalable « imparfait ». Plutôt, les innovations qu’elle représente ne peuvent être compris que si l’on prend en compte la restructuration en profondeur du système social qu’est la littérature, restructuration caractérisée notamment par le passage de l’hétéronomie de la littérature à son autonomie. L’étude met en avant les tendances qui stabilisent le système aussi bien que celles qui tendent à le faire éclater, tendances qui se manifestent notamment dans la production de sens accomplie par les stratégies textuelles au niveau du discours.
L’étude comporte deux parties : la première partie analyse la position du conte et de la nouvelle dans le système des genres encore relativement stable du XVIIIe siècle. La seconde partie se situe au-delà la dichotomie du conte et de la nouvelle, qui s’est dissoute suite au changement de fonction des stratégies narratives sous l’Ancien Régime, changement qui s’est produit à son tour sous l’influence des transformations politiques et sociales de l’époque révolutionnaire. C’est de manière inductive, en partant de l’analyse des textes, que les catégories suivantes sont établies : érotisme et distance, antithèse et paroxysme, clôture narrative et temporalité, ambiguïté et énigme. Ces catégories permettent de décrire la nouvelle française moderne comme le résultat d’un repositionnement de lignes de force qui donne à un champ générique existant une structure entièrement nouvelle. (Trad. ChS.)